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Le journal d'un marocain au Canada

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Le journal d'un marocain au Canada
13 juillet 2006

L'échec du sommet sur l'immmigration

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Après le sommet euro-africain de Rabat sur l'immigration, les 10 et 11 juillet, "ni les Européens, ni les Africains n'ont réussi à faire émerger de nouvelles idées et se sont contentés des déclarations classiques de bonne volonté", déplore le quotidien espagnol dans un éditorial. "Les Africains se félicitent que ce sommet reconnaisse officiellement le lien entre développement et émigration, et ils en profitent pour réclamer plus d'aide. Il faut pourtant sortir de ce schéma d'aide financière dont on sait qu'elle ne profite qu'aux dirigeants responsables du désastre qu'est aujourd'hui l'Afrique. Pendant que ceux-là s'enrichissent et que les ministres discutent à Rabat, des dizaines de milliers d'Africains attendent qu'on finisse de construire les barques sur lesquelles ils placent toutes leurs espérances futures."

AP.


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9 juillet 2006

La France de Zidane n'a pas perdu.

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L’avenir de la France était lié à celui de Zineddine Zidane, une fois évincé par je ne sais quel mauvais sort, la France, la grande France, la France qu’on aime perd.

C’est écrit dans le grand livre du destin, quand la France évacue Zidane et Bilal (Ribery), elle perd.

La victoire volée de l’Italie ne l’honore pas, une victoire sans éclat, une victoire sans triomphe, due au hasard, à la manipulation. Le football à l'Italienne sera jugé mardi prochain, et seront jugés avec ces joueurs le comedien mesquin et le bouffon aussi, toutes leurs pratiques inavouables, toutes ces pratiques qui n'ont d'ailleurs pas de frontières, la bassesse, les coups bas, le mensonge, la provocation et les matches truqués. Zidane est une victime qui a perdu patience. Ce coup de tête est le symptôme d'un malaise, celui d'un homme de coeur face à la combinaison du foot business, Zidane victime de la Comedia del Arte n'a eu qu'un seul tort: celui de se laisser submerger par l'émotion, lui qui a pourtant dû connaître toutes sortes de traitements identiques à la Juventus.

Si Zidane a été éxpulsé après recours à la vidéo, ce qui n'est pas prévu par les règles de la FIFA, pourquoi dès lors n'a t il pas été question que Materazzi puisse l'être en cas d'insultes averées? Autant que je sache, bien que de gravités différentes, les deux actes - les insultes de Materazzi et le coup de Zidane- étaient tous deux passibles d'un carton rouge si l'arbitre en avait eu conscience dans le cours du jeu. Des joueurs ont déjà été expulsés pour insultes à un adversaire.

La préstation de Zidane et ses coéquipiers restera historique, l’art du foot restera à jamais lié au nom de ce grand footballeur, à la fois modeste et brillant.

La France multicolore, la France black, blanc, beur n’a pas failli, elle a démontré qu’au-delà des dissensions  elle reste soudée, unie autour d’un idéal, un fanal : L’égalité, La fraternité et La liberté.

Nul ne saurait remettre en cause que l’art du football est désormais une spécialité française, et que cette grande nation, qui a su accueillir toute sorte de talents de toutes les origines est une œuvre inégalée de réussite.

Demandez à Zidane son secret. Demandez lui pourquoi il a perdu son sang froid face au comédien Materazzi  ? Vous comprendrez alors pourquoi il est, des fois, si difficile de vivre ensemble avec nos différences.

Zidane reste un homme, un homme libre et "l'homme libre ne s'embarrasse de rien, même pas de l'honneur" Cioran.   

A.LAAMRANI


8 juillet 2006

Google Earth "masque" certains sites sensibles américains et israeliens, GEOPORTAIL msques certains sites français.


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C'est aujourd'hui à midi que l'Institut Géographique National (IGN) devrait lancer son nouveau site Internet, Géoportail.

A l'instar de Google Earth, qu'il compte bien concurrencer sérieusement, Géoportail permettra de survoler la France métropolitaine, la Corse et les DOM-TOM et de les scruter avec une précision allant jusqu'à 50 cm par pixel. Sauf que Google Earth permet de survoler la planète entière !

Néanmoins, Géoportail proposera des images beaucoup plus nettes que celles offertes par Google Earth, sans pixellisation et de qualité identique sur tout le territoire, jusqu'au plus petit hameau.

Il proposera en outre une navigation 3D et, en plus des éléments topographiques classiques (lacs, routes, villages...etc), Géoportail permettra d'effectuer des recherches thématiques, pour trouver des restaurants, des cabinets médicaux ou autres commerces divers et variés.

La base de données photographiques comporte 400 000 clichés, actualisés à raison d'une vingtaine de départements par an, soit un renouvellement total tous les 5 ans.

A noter que, de la même façon que Google Earth "masque" certains sites sensibles américains ou encore propose en définition inférieure les vues d'Israël, Géoportail ne devrait pas permettre de s'approcher du château de Bity à Sarran (Corrèze), résidence secondaire de la famille Chirac, ou d'un certain nombre de lieux français tenus secrets comme la base des sous-marins nucléaires de l'île Longue (Finistère) par exemple.

«On s'est arrangé pour que les choses qui nous embêtaient ne soient pas visibles», explique-t-on à l'état-major des armées. En effet, les organismes chargés de la sécurité du territoire, invoquant le Code de l'aviation civile, ont interdit la prise de vue de sites d'«importance vitale».

Thierry Rousselin, consultant au cabinet Géo212, spécialisé en cartographie spatiale, remarque cependant que Google Earth ne comporte aucune restriction quant au territoire français :  l'île Longue (base opérationnelle nucléaire) ou la rade de Toulon sont présentées en pleine résolution.


8 juillet 2006

CULTURE DU CANNABIS AU MAROC

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L’office des Nations unies contre la drogue et le crime constate une baisse de 10% en 2004 de la culture illicite du cannabis au Maroc. Fait inhabituel : l’organe va même jusqu’à «féliciter le gouvernement marocain pour ses efforts». En 2004, la province de Larache produisait 10 000 tonnes de cannabis brut, soit environ 10% de la production nationale.

Les surfaces cultivées ont déjà été réduites de 82% en 2005 et une éradication presque totale est prévue en 2007. Mais l’expérience n’est pas transposable à l’ensemble du massif Rif, bastion inexpugnable du cannabis.

Seul un véritable plan Marchall pour le nord du Maroc permettrait d’engager une guerre totale à une culture devenue un mode de survie mais aussi de vie.

7 juillet 2006

C'est un marocain qui a séduit la femme de Sarkozy !

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Richard Attias, le tombeur marocain de Cécilia Sarkozy

Il y a quelques mois, sa silhouette s'affichait en "une" de Paris Match au côté de Cécilia Sarkozy. Pourtant, au bar de l'Hôtel Royal Monceau, où Richard Attias donne ses rendez-vous parisiens, personne ne reconnaît celui qui a séduit l'épouse du président de l'UMP. "Vous savez, sourit-il, je ne suis pas poursuivi par les paparazzi et, dans mon milieu professionnel, tout le monde s'est montré d'une exceptionnelle discrétion." Quelques jours plus tôt, à Davos, en Suisse, lors du Forum économique mondial qu'il organise chaque année depuis 1995, les trois quarts des grands patrons internationaux ignoraient d'ailleurs totalement l'aventure qui a tant fait jaser les Français.

Richard Attias sait bien que la question plane cependant. Depuis six mois, tous ses amis français ne suivent-ils pas en frémissant son histoire d'amour sur fond de pouvoir ? Costume sobre et col roulé, charmant et attentif, il attend donc que le sujet soit abordé, interrompu par deux coups de fil de proches qui lui demandent des nouvelles de ses affaires autant que de ses sentiments.

Sur les soubresauts de son aventure, il n'a que des allusions. C'est le genre d'homme qui peut raccompagner une femme jusqu'à son mari en avion, la laisser se réinstaller au domicile conjugal, au ministère de l'intérieur, et dire ensuite avec légèreté, au détour de la conversation, "en ce moment, je pleure beaucoup". Une sorte de chevalier servant, prévenant et soucieux de préserver un souffle d'élégance au milieu des ragots.

On a dit, pourtant, sa liaison dangereuse. On l'a cru l'objet de la vindicte de l'époux trompé. Nicolas Sarkozy, murmurait-on, avait demandé sa tête à Publicis, dont il dirige l'une des filiales. Il dément la rumeur. "Bien sûr, il y a eu des tentatives de déstabilisation. La presse a annoncé dix fois mon limogeage. Mais le président de Publicis, Maurice Lévy, a parfaitement respecté ma vie privée, et nos relations sont toujours restées confiantes." Il assure encore : "Nicolas Sarkozy n'a pas cherché à faire pression. En aucune façon. Evidemment, nous ne nous parlons plus... Mais c'est assez normal, non ?"

Le sourcil relevé, Richard Attias reconnaît que ses relations avec le publicitaire Christophe Lambert, celui-là même qui l'avait présenté au couple Sarkozy afin d'organiser l'élection de "Nicolas" à la présidence de l'UMP, le 28 novembre 2004, se sont rafraîchies. Il promet aussi de "ne plus remettre les pieds sur le marché de la politique française". Depuis des années, Maurice Lévy cherchait d'ailleurs à l'en dissuader. "Trop dangereux pour notre image", a toujours jugé le président de Publicis qui, malgré "l'affaire", a su préserver ses relations avec Nicolas Sarkozy.

Mais M. Attias n'a rien du "vulgaire éclairagiste" que les sarkozystes blessés ont un temps décrit. Cultivé, parlant couramment l'anglais et l'arabe, il est aujourd'hui l'un des tout premiers organisateurs d'événements politiques et économiques dans le monde. Les cérémonies pour le lancement de l'euro, le sommet de la paix en Jordanie, Davos ont été organisés par Publicis Events Worldwide, qu'il préside et incarne. Dans son carnet d'adresses, on trouve les plus grands patrons de la planète et quelques stars internationales, de Bill Clinton à Sharon Stone.

Il a de l'entregent. De la séduction et du brio. On lui prête évidemment mille conquêtes. Il mène un train de vie aisé entre New York, où il vit trois semaines par mois, Paris et le reste du monde, où il démarche ses clients. "Il peut vous arranger un entretien avec Abdallah de Jordanie en vous lâchant tranquillement : 'Je vois la reine Rania tout à l'heure et je lui en parle'", sourit Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2. Logistique, rencontres, communication : en somme, il accomplit à très haut niveau ce que Cécilia Sarkozy cherchait à faire pour son mari, potentiel candidat à la présidentielle. C'est un travail acharné, sans doute. Et le fruit d'un parcours qui a commencé au Maroc, à Fès, sa ville natale. Les Attias appartiennent à la bourgeoisie juive et travaillent pour la famille royale. Le grand-père est le tailleur de Mohammed V, l'oncle vend des produits de luxe au Palais. Après son bac, passé en 1977, Richard Attias croit pourtant trouver sa voie dans les écoles d'ingénieurs françaises. Il découvre les complications hexagonales. IBM veut le recruter, mais bute sur sa nationalité marocaine. "Evidemment, face à un blond aux yeux verts, ils n'avaient pas pensé que je puisse venir du Maghreb..." La discrimination positive chère à Nicolas Sarkozy n'est pas encore en vogue... Qu'importe ! Il en faut plus pour le décourager. Par une amie, l'habile jeune homme fait remonter son dossier jusqu'à Pierre Bérégovoy, alors ministre des affaires sociales, et obtient sa carte de séjour en vingt-quatre heures. Depuis, "par paresse", dit-il, il n'a jamais demandé la nationalité française.

De ces débuts, il a gardé la certitude qu'une bonne gestion de ses relations est une arme puissante dans la vie. "C'était un jeune homme créatif et dynamique, avec une sorte de charme levantin, raconte le PDG d'Econocom, Jean-Louis Bouchard, qui l'embauche alors. Arrivé comme agent commercial, il s'est hissé en un an à la tête de la direction générale de notre filiale française." Entre-temps, il a épousé Emmanuelle, une avocate parisienne, lors d'une fête mémorable organisée par un producteur de spectacle, Jean-Pierre Lebrun. C'est avec ce dernier qu'il va créer Nephtalie, une société spécialisée dans l'événementiel, ce dada des années 1980.

A partir de là, il enchaîne les contrats, de la logistique de la signature des accords du GATT et de la création de l'OMC, à Marrakech, en 1994, à son premier Davos, l'année suivante. Le nom de Richard Attias commence à circuler. Un jour de 1998, il change d'échelle. A bord du Concorde, il retrouve Maurice Levy, le patron de Publicis. Maurice Lévy a gardé en tête un extraordinaire dîner organisé en quarante-huit heures par M. Attias à l'Hôtel Crillon pour le compte de Boris Eltsine, alors président du Parlement russe. Il propose à M. Attias de racheter ses sociétés avec leur principal actif : lui-même.

C'est donc cet homme parcourant le monde, amusant et prévenant avec les femmes, que Cécilia Sarkozy va rencontrer. Son monde à elle est brutal. Elle n'est pas aimée des collaborateurs de son mari et l'ambition présidentielle de Nicolas Sarkozy réclame un engagement total. C'est dans le télescopage de ces deux univers que les complications vont commencer.

Raphaëlle Bacqué

Parcours

1959 Naissance à Fès (Maroc).

1995 Crée avec Klaus Schwab, patron du Forum économique mondial, le Global Event Management, qui organise le Forum à Davos (Suisse).

1998 Cède l'ensemble de ses sociétés à Publicis avant de devenir, en 2004, le PDG de Publicis Events Worldwide.

2004 Organise, le 28 novembre, la logistique de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP.

Article paru dans l'édition du 04.02.06

Sources:

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3224,50-737640,0.html


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6 juillet 2006

La France de Zinedine Zidane gagne.

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Dessin de Stephff

paru dans NRC Handelsblad(Rotterdam)

Zinedine Zidane s'offre, pour son dernier match officiel sous le maillot des Bleus – et probablement le dernier de sa carrière –, sa deuxième finale de Mondial, la France ayant battu le Portugal en demi-finale (1-0). L'équipe de France affrontera dimanche 9 juillet l'Italie en finale.


6 juillet 2006

M6 : Morocco first

le dernier numéro de Jeune Afrique réalise un bon dossier sur le Maroc dont voici la première partie :

Tandis que Mohammed VI fait du social, cheikh Yassine teste la résistance des autorités à un an des législatives, et les provinces du Sud - presque - unanimes savourent leur nouveau statut d'autonomie.

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Soleil voilé et lumière humide : journée ordinaire, à Rabat, en cette fin du mois de juin. Les touristes arrivent par petits groupes, en attendant la noria des charters de juillet. Peu de choses à lire dans la presse, si ce n’est cette étrange polémique, à longueur de colonnes, entre « makhzéniens » et « nihilistes », journalistes proches du pouvoir et critiques pavloviens du régime. La controverse envahit et contamine tout, de l’élection du patron des patrons à l’inauguration d’un musée à la gloire d’un maréchal défunt, ancien « moro » de l’armée franquiste, en passant par le contenu des programmes de télévision. Surtout, ne pas s’y arrêter, au risque de suffoquer d’ennui !

Pourtant, sous les eaux dormantes de ce début d’été émollient, s’agitent bien des courants : islamistes, Sahara, diplômés chômeurs, morchidate (prédicatrices), perspectives électorales... La rentrée de septembre, assure-t-on, sera brûlante, avec, en ligne de mire, les législatives de 2007. Dans ce pays où l’on n’aime rien tant que jouer à se faire peur, tout change donc pour que rien ne bouge, à moins que ce ne soit l’inverse. Ainsi va le Maroc.

M6 : « Morocco first »

Pendant ce temps-là, que fait le roi ? Du social, son activité favorite. Ce 22 juin, à Rabat, Mohammed VI préside le conseil d’administration de la Fondation Mohammed V pour la solidarité. Une grosse machine caritative dotée d’un budget de 300 millions de dirhams (27,16 millions d’euros) dont toutes les actions profitent aux plus démunis.

Pendant des heures, le roi discute crayons, cartables, centres de soins, handicapés, accès à l’eau potable, foyers pour jeunes filles rurales, restos du cœur et opérations à prévoir pendant le mois de ramadan, qui commence fin septembre. « Il épluche tous les dossiers et pose des questions sur tout », raconte l’un des participants.

Pour le fils de Hassan II, rien ne compte davantage que de réduire l’énorme fracture sociale qui lézarde la « maison Maroc », une obsession, un quasi-plein temps qui laisse peu de place à la politique, qu’elle soit politicienne ou extérieure. Là où son père s’efforçait, avec des résultats d’ailleurs très inégaux, de faire exister le Maroc sur la scène internationale - en particulier au Proche-Orient -, lui se replie sur le royaume, son petit peuple et ses grandes inégalités. « Chaque fois ou presque qu’apparaît un conflit entre l’État et les gens, et qu’il doit le trancher, le roi tranche en faveur des gens. En ce sens, il est beaucoup plus le petit-fils de Mohammed V que le fils de Hassan II », explique l’un de ses proches collaborateurs.

Certes, le politique n’est jamais loin, et ce populisme royal, cette impression d’être en campagne électorale permanente que donne un homme a priori au-dessus de toute contingence élective peuvent être interprétés comme un moyen de tirer le tapis sous les pieds des islamistes. N’y voir que ce simple calcul serait pourtant une erreur. Le social et l’humanitaire sont les deux passions d’un roi persuadé que ce qui menace le plus l’avenir du royaume c’est, justement, son déficit béant en la matière. Et puis, le peuple, le contact, les mains que l’on touche, M6 aime.

« Il ne se passe pas de jour sans que je m’arrache les cheveux, confie un responsable de sa sécurité. Sans prévenir, Sa Majesté se met au volant d’un véhicule, en général décapotable, et, suivi d’une voiture avec trois gardes du corps, se perd dans les quartiers populaires de Casa ou d’ailleurs. » Pas de motards ni de gyrophares. M6 s’arrête aux feux rouges, descend, salue, prend le thé dans une gargote, puis repart.

Régulièrement, lorsqu’il est en voyage, le roi éprouve ainsi le brusque besoin de rompre avec le programme officiel et de balayer le protocole pour aller à la rencontre des « vrais gens ». À Rio de Janeiro, à Alger, à Dakar, à Libreville, à Niamey, à New York, à Brazzaville, des passants médusés l’ont croisé, à toute heure du jour ou de la nuit, en des lieux improbables. Dans la capitale congolaise, le propriétaire de l’hôtel Olympic se souvient encore l’avoir vu débouler, un soir, pour lui emprunter sa voiture. Suivi par une cohorte affolée de gardes du corps locaux et marocains qu’il s’est amusé à semer, Mohammed VI s’est ensuite perdu dans Poto Poto et Makelekele, obligé de demander son chemin à des quidams, dont certains étaient peut-être des malfrats en goguette !

Des histoires comme celle-là, Fouad Ali El Himma, ministre délégué à l’Intérieur et sans doute le plus proche collaborateur du monarque, en a par dizaines. Mais il en est une, récente et significative de la popularité intacte dont jouit Mohammed VI sept ans après son accession au trône, que son condisciple du Collège royal aime à raconter.

C’était il y a quelques mois, du côté d’Ifrane. Avec quelques amis, M6 marche dans la forêt sur un sentier de randonnée. On croise des promeneurs en ballade, on s’arrête, on discute un peu, puis on se sépare. Soudain, une jeune fille fait demi-tour et revient en courant vers le roi. « Majesté, je n’ai rien à vous demander pour moi, dit-elle, un peu essoufflée, mais ma ville de Taza se meurt. Alors, s’il vous plaît, venez nous rendre visite et tout va changer. » Quand on lui rapporte certaines remarques à propos de son manque de visibilité sur la scène internationale, Mohammed VI répond invariablement : « Ma maison d’abord. » « Morocco first », en quelque sorte.

Source: Jeune Afrique, 2 Juillet 2006.

FRANÇOIS SOUDAN, ENVOYÉ SPÉCIAL .


3 juillet 2006

Des hackers marocains immobilisent le web israélien

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Plus de 850 sites web israéliens, dont la Hapoalim, la plus grande banque du pays et de l'hôpital Rambam de Haïfa, dans le nord d'Israël ont subi des dégâts informatiques suite à une attaque d’envergure perpétrée par le groupe de hacker marocain « Team Evil ». Ces attaques sont des initiatives de protestation contre les crimes perpétrés par Israël contre les civils palestiniens.

Le militantisme numérique des hackers pour la cause palestinienne se développe au Maroc. Des centaines de sites web israéliens ont subi, le 28 juin, des attaques par un groupe de hackers marocains. Baptisé «Team Evil », ce groupe a motivé ses attaques informatiques des différents serveurs de l’Etat hébreu par l’ampleur des crimes commis par  l’armée israélienne en Palestine, et plus particulièrement dans la bande de Gaza.

Selon le site spécialisé « Zone-H »,

Plusieurs sites ont subi les foudres des hackers marocains notamment ceux ayant une vulnérabilité au niveau de l’IIS 6 sous Windows 2003. Il s’agit, à titre indicatif, de la banque Apoalim, le centre médical Rambam, la banque ' Otsar Ha-Hayal', BMW Israël, Subaru Israël, Citroen Israël, la société immobilière Tarbut-Hadiur, la chaîne de vêtement Jump, l’association caritative Yedid et Guysen Israël.

Le message de « defacement » qui s’affiche sur la page d’accueil des sites attaqués explicite clairement les motivations des hackers marocains : « site piraté par le groupe arabe 'Team Evil'. Tant que vous tuerez des Palestiniens nous tuerons vos serveurs » (Hacked By Team-Evil Arab hackers u KIll palestin people we Kill Israel servers).Selon le site israélien « Guysen Israël », le groupe marocain à l’origine de ces attaques se compose de jeunes de moins de 20 ans.




3 juillet 2006

Ossman devant la justice

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les membres fondateurs du parti RNI, Ahmed Ossman, Alami Tazy, Mohamed Bentaleb et Ahmed Krafess,  ont été convoqués par le Tribunal de Rabat pour présentation de données erronées à la justice en vue de bénéficier de l'appui financier offert par l'Etat pour soutenir la presse du parti. Ces personnalités comparaîtront le 5 juillet prochain devant la justice. Cet appui financier aurait été utilisé à des fins autres que celles de soutien à la presse du parti.

AP.


3 juillet 2006

Le grand Maroc

Histoire secrète : Comment notre Sahara a été amputé ?

Le processus qui a amené Hassan II à abandonner une part du Sahara oriental nous aide à mieux comprendre les relations entre le Maroc et l’Algérie, aujourd’hui sur le point de renégocier pour le sort de l’autre Sahara, occidental celui là. Analyse, par Driss Ksikes

Quand ce politicien, méconnu, du nom de Mohamed Alouah est sorti de l’ombre le 3 novembre dernier pour revendiquer 38% du territoire algérien, il a carrément créé un incident diplomatique. Normal, le sujet est officiellement clos et le tracé des frontières définitif est publié au Bulletin officiel depuis 1992.

S’il a dérangé, c’est parce que les deux pays s’apprêtent, sous pression internationale, à reprendre le chemin des négociations. Autrement dit, "le timing est mal choisi pour retourner le couteau dans les plaies", commente un connaisseur des relations tendues entre les deux pays limitrophes. Incidemment, cela nous apprend qu’il y a une part de vérité dans les propos "désinvoltes" d’Alouah. La leçon de l’histoire vaut, donc, le détour. D’autant que rien dans les manuels d’histoire au Maroc n’explique aux jeunes comment Tindouf, Béchar, Ich, Kenadsa, Beni Ounnif, Hassi Baïda, Tinjoub et autres localités, introuvables sur notre carte, hier encore sous l’autorité du Makhzen, sont passés du côté algérien. Or, l’histoire des négociations secrètes, des fausses promesses du premier président de l’Algérie indépendante, Ahmed Ben Bella, de la flexibilité excessive de Hassan II sur cette question des frontières communes, est lourde d’enseignements.

Comment Alger a hérité du flou colonial

"Le Maroc n’est pas une simple continuation de l’Algérie mais il serait absurde d’établir entre notre colonie et les régions qui l’avoisinent une cloison étanche", écrivait André Bernard en 1901 pour justifier la politique de la France envers "les confins algéro-marocains". Le flou créé sous le protectorat a eu comme effet d’amputer le Maroc de Tindouf et Jehifat, pour des raisons minières, de Béchar pour faciliter la construction d’une ligne ferroviaire, et une fois la guerre d’Algérie déclenchée, de Beïda, Tinjoub et Zegdou pour "éviter l’infiltration du FLN par le Sahara marocain", rapporte Mohamed Maazouzi, conseiller de Hassan II en matières frontalières. Au lendemain de l’indépendance, chaque pays avait une position à défendre. Dans un premier temps, solidarité maghrébine et nationale obligent, "Mohamed V et plus tard Hassan II avaient refusé de négocier la question des frontières avec Paris tant que l’Algérie n’avait pas recouvert son indépendance", raconte Maazouzi. Une fois les deux pays sur le même pied d’égalité, chacun affûtait ses arguments. Rabat maintenait que les limites administratives posées par Varnier en 1912 et Trinquet en 1938 étaient en faveur des départements français d’Algérie et au détriment de la souveraineté du Maroc, vaguement représentée alors par des mokhaznis en poste et confirmée par les accords antérieurs de Lalla Maghnia. Mieux, dans un élan confraternel, le 6 juillet 1961, Hassan II a réussi à signer à Rabat un protocole d’accord avec le président du gouvernement provisoire de la république d’Algérie, Ferhat Abbas, lequel "reconnaît que le problème territorial posé par la délimitation imposée arbitrairement par la France entre les deux pays trouvera sa résolution dans les négociations entre le gouvernement du royaume du Maroc et celui de l’Algérie indépendante". Entre temps, depuis le milieu des années 50, la France qui avait des visées sur la région et ne comptait pas la rétrocéder, a créé un ministère du Sahara et une organisation commune des régions sahariennes OCRS, qui établissait Bechar et Tindouf, par exemple, en départements dépendant de la métropole. Depuis le 16 mars 1962, une convention paritaire franco-algérienne a hérité du dossier et s’est considérée comme "un prolongement naturel de la tutelle française sur ces localités". Rien n’y a fait. Les tentatives de récupérer les territoires menées par l’armée de libération nationale ont été "contrecarrées aussi bien par nos homologues algériens que par les FAR", raconte Bensaïd Aït Idder. Et les manifestations spontanées des Tindoufis en faveur de la marocanité de leur ville ont été matées. "Lorsque feu Hassan II s’est rendu à Alger le 13 mars 1963, pour rencontrer le président Ben Bella, il a rapporté des preuves historiques, des cartes, pour régler le différend frontalier. C’est comme s’il tenait une clef pour ouvrir une serrure rouillée", raconte Adbdelhadi Boutaleb, qui l’accompagnait. "Je lui ai dit, il y a quand même Tindouf, vous ne pouvez vraiment pas méconnaître que Tindouf est certainement, parmi toutes les injustices, la plus flagrante et la plus patente", rapportait le roi défunt, prêt alors à toutes les concessions sauf celle-ci. Sur un ton rassurant, mais trompeur, Ben Bella lui a répliqué :"Il ne saurait être question pour les Algériens d’être purement et simplement les héritiers de la France en ce qui concerne les frontières de l’Algérie". Le roi a pris cela pour une promesse, mais comme le dit Ben Bella dans une interview accordée à Al Jazeera, "il n’y a jamais eu un engagement écrit ". Il fallait donc s’attendre à un volte-face. La preuve, à peine Ahmed Réda Guedira, directeur du cabinet royal, et Abdelaziz Bouteflika, ministre des Affaires étrangères alors, s’étaient réunis le 5 octobre 1963 à Oujda pour "réaffirmer le principe de non-ingérence" entre les deux pays, que l’armée algérienne s’est empressé de le violer. Ses incursions enregistrées à Hassi Baïda et Tinjoub, mais aussi les attaques violentes contre les postes d’Ich, à 50 km de Figuig, et un viol de l′espace aérien de la région de Tindrara (près d’Oujda) ont été le prélude à la fameuse guerre des sables. Derrière cette volonté hégémonique, il y avait une Algérie sortie héroïque de sa guerre d’indépendance, portant des projets d’industrialisation par lesquels elle justifiait sa mainmise sur des régions riches sur le plan minier et énergétique. Contre les revendications marocaines, elle se référait aux textes concoctés à l’OCRS et se prévalait d’une couverture française. Valéry Giscard d’Estaing n’avait-il pas déclaré au Nouvel Observateur : "Le Maroc ne pourra plus jamais récupérer Tindouf".

Comment Hassan II a cédé

Le roi défunt a eu plusieurs occasions pour récupérer son dû. Surtout que Ben Bella lui a envoyé un message sans équivoque, par la voie de Boutaleb et Medbouh, alors conseiller militaire du roi, l’informant que "la question des frontières est un problème imaginaire. Il faudrait cesser d’en parler aujourd’hui pour le dépasser plus tard, ajoutant que le système monarchique se doit d’affronter ses problèmes internes et savoir que le système algérien est blindé". Cela a été l’élément déclencheur entre les deux pays, mais lorsque les FAR étaient à 20 km de Tindouf, l’ordre leur a été intimé par le roi de rebrousser chemin. Le colonel Driss Benomar est alors rentré voir le roi dans tous ses états, remettant son trier comme signe de démission. Il lui a dit, en présence de Guédira, Balafrej et Boutaleb, "il est inacceptable dans la logique de guerre et de par les traditions militaires, qu’une armée victorieuse revienne sur ses pas, comme si elle avait perdu". "Le roi devait alors gérer des données plus complexes. L’Algérie était plus forte idéologiquement, avait le soutien de Nasser, et la sympathie d’une partie de la rue marocaine, emmenée par une gauche impressionnée par le modèle algérien", explique Larbi Messari. C’est d’ailleurs dans cet élan de sympathie pro-algérien, dans des temps difficiles, que Mehdi Ben Barka s’est rendu à Hassi Baïda affirmer son soutien au projet révolutionnaire algérien. Ce qui lui a valu sa condamnation à la peine de mort. C’est donc face à un Maroc divisé et devant une Algérie prestigieuse que le Maroc s’est retrouvé à Bamako dans une commission instaurée par l’OUA pour régler le litige frontalier. Mais suite à l’assasinat de Ben Barka, et la révolte du 23 Mars 1965, et face à l’entêtement d’une Algérie alimentant le sentiment antimonarchique, le roi a décidé de se retirer de cette commission et d′abandonner l’affaire. Dans la foulée, l’ambition algérienne s’est confirmée par la nationalisation de la mine de fer la plus importante et la plus controversée entre les deux pays, Garat Jbilat. Quatre ans plus tard, et suite à des contacts téléphoniques au sommet avec le nouveau président Houari Boumedienne, une rencontre à Ifrane puis une seconde à Tlemcen allaient entériner le vœu longtemps caressé par les Algériens, à savoir garder toutes les localités spoliées et ensuite avoir un accès par une ligne ferroviaire à l’Atlantique pour acheminer leurs minerais et productions industrielles. Ils allaient de la sorte réaliser le vieux rêve français de créer une ligne ferroviaire transsaharienne qui affrêterait à partir d’Agadir. L’accord n’a pas abouti. Boutaleb, alors ministre des Affaires étrangères, ne disposait d’aucun dossier sur l’affaire. "Tout se gérait au téléphone entre les deux chefs d’État". Lorsqu’il devait conclure avec Bouteflika les modalités à Lusaka, il s’est rendu compte que l’Algérie voulait le beurre et l’argent du beurre. Le projet, tel que prévu par le roi et le président, prévoyaient une co-exploitation équitable de la mine, mais le ministre algérien, parlant au nom de l’État à son homologue, lui a fait savoir que "seul l’usufruit pouvait être partagé". Lorsque le 15 juin 1972, les deux pays finissent par signer la convention qui fixe définitivement le tracé des frontières (elle n’a été publiée au Bulletin officiel qu’en 1992), Hassan II est affaibli par les coups d’État et commence déjà à songer à une solution plus pérenne pour le Sahara occidental. Il en a fait part dans une réunion à huis clos des chefs d’Etat islamiques en 1970. "Il voulait réfléchir longuement pour arriver à une solution qu’il négocierait avec l’Algérie", rapporte Boutaleb.

Quelles leçons tirer d’une histoire enterrée

Nous en sommes encore là. La visite probable du roi Mohammed VI à Alger annonce un nouveau cycle de négociations. Mais que nous apprennent les cycles précédents. Primo, estime Messari, "si les forces politiques étaient unanimes à l’époque, Hassan II n’aurait pas été en position de faiblesse". D’où le prétexte trouvé en 1975 de lier la résolution du problème du Sahara à une forme de consensus national. D’où également le discours dominant d’aujourd’hui qui insiste sur "l’entente nationale à ce sujet". Est-elle toujours productive ? Doit-elle toujours fonctionner selon les mêmes critères de pensée unique et de sacralisation ? Deuxio, si la France est aussi fermement aux côtés du Maroc sur la question du Sahara occidental, c’est aussi parce qu’elle a été entièrement pro-algérienne sur l’affaire du Sahara oriental. La preuve, lorsque l’Algérie a évoqué la quatrième voie, faisant écho au projet d’accès à l’Atlantique, Paris ne l’a pas soutenu, ne serait-ce que par nostalgie. Tertio, le fonctionnement de la diplomatie marocaine en matière de négociations, comme le critique Boutaleb, ne s’est pas modernisé depuis. La concertation élargie n’est pas encore notre fort. Et le recours aux experts encore très limité dans ce domaine réservé. Enfin, le Maroc, dans les conflits territoriaux (avec la Mauritanie, l’Algérie, l’Espagne), a souvent cédé, sans contre-partie. Aujourd’hui, réussira-t-il à négocier et à se garder une belle marge de manœuvre ? L’histoire nous le dira.

Source : http://www.sahara-marocain.com/article283.html

Et un lien interessant, l'émission le dessous des cartes d'ARTE

http://video.google.com/videoplay?docid=5467680877557912098&q=maroc


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